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ELECTIONS CANTONALES de SAVERDUN
9 ET 16 MARS 2008.
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LE MARDI 26 FEVRIER à 20H30
Salle Jean Jaurès
A SAVERDUN
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la chasse à l'étranger et qu'importe qu'il ait des
enfants, un boulot. Faut faire du chiffre!
Alors de la lecture: un lien vers "3° génération" et une
lettre reçue ce matin:
Cri de colère et de détresse, cri de révolte !
"" Je suis la maîtresse de Gevorg, le fils de Karin et
Armen, qui est arrivé en CP dans ma classe l'an dernier.
classe vendredi 16 novembre en laissant toutes ses
affaires, même ce gros bâton de colle dont il est si fier.
Je suis la maîtresse de Gevorg et d'autres encore dans
la même situation, qui voient sa chaise vide tous les
jours et qui savent que leur tour peut arriver.
Je suis la maîtresse de 22 enfants de 6 ans qui
apprennent qu'en France un enfant peut être
n'est pas français.
Je suis une maîtresse qui doit enseigner à 22 enfants,
qu'on est tous égaux, avec les mêmes droits et les
mêmes devoirs, que les lois sont faites pour nous
protéger, que c'est ce qu'on appelle les droits de
l'homme dont on est si fier en France.
Je suis une maîtresse qui doit arriver à faire
comprendre à 22 enfants que l'on doit résoudre
dans son droit on sera écouté et protégé…
Je suis la maîtresse d'autres enfants sans papiers qui
me regardent faire l'appel sans Gevorg et qui
continuent à apprendre à lire dans la langue d'un pays
qui ne veut pas d'eux.
Je suis une maîtresse parmi tant d'autres qui devraient
tous les jours essayer d'expliquer l'inexplicable,
accepter l'inacceptable, et ravaler cette rage et ce
dégoût d'être la fonctionnaire d'un Etat qui mène une
chasse à l'homme, abjecte et dégradante.
point mes collègues et moi-même sommes choqués
par ces drames humains, par cette politique de chiffres,
de pourcentages et de quotas appliquée à des
personnes, des hommes, des femmes et des enfants.
Je voudrais vous faire comprendre à quel point cette
souffrance engendrée par cette politique, devient
ingérable, insupportable pour nous, comme pour les
enfants et les familles concernées.
devant ces bureaux vides, ces cahiers abandonnés et
ces stylos que personne ne vient réclamer.
Je voudrais vous dire à quel point j'ai peur d'arriver en
classe et d'avoir perdu Gevorg ou Alexandre ou un
autre encore, parce que, non, ce ne sont pas des
numéros ou des quotas, mais parce que je les connais,
je connais leurs sourires, je connais leurs yeux.
Nous n'en pouvons plus de nous taire et de voir des
familles en danger rejetées en toute connaissance de
cause ! Nous n'en pouvons plus de nous demander en
permanence ce qui va leur arriver là bas !
Nous ne voulons plus être complices de non
assistance à personne en danger.
Je voudrais vous faire partager cette réflexion de
William Faulkner :
« Le suprême degré de la sagesse est d'avoir des rêves
suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue
pendant qu'on les poursuit. »
Alors merci à tous d'être là et de partager le rêve de
Karin, Armen, Alexandre Gevorg et Grigory
leurs enfants :
et que ce rêve, avec eux et avec tous ceux qu'on veut chasser hors de notre pays, on ne le perde pas de vue."

Il y a un an, l'émotion suscitée au sein de la population par le décès du fondateur d'Emmaüs et l'hommage national rendu par les
pouvoirs publics ont traduit l'attachement de tous aux valeurs de solidarité obligatoires envers les plus démunis.