QUEL DEVELOPPEMENT EN ARIEGE ?
Hier j’avais fait part de ma déception, car l’agriculture avait encore son ministère. Vous vous doutez que cette position n’est pas
appréciée dans le milieu (professionnel comme ils disent) et même de certains amis.
Il me semble pourtant que l’on se doit de faire, comme pour toutes les autres activités, un bilan « écologique » de
l’agriculture.
Alors sans vouloir rentrer dans tous les chiffres, posons quelques données.
Va-t-on reconnaître que l’agriculture industrielle participe à l’épuisement des ressources ?
Il n’y a pas que le pétrole qui sert aux machines, faisons le bilan du chauffage des serres, du transport des marchandises, des
emballages utilisés et non réemployés ( cageot, films plastiques, bidons…).
Ajoutons-y le bilan écologique des outils utilisés : machines tracteurs certes, mais aussi engrais chimiques et produits de
traitements (tous issus de l’industrie du pétrole ) et là aussi leur transport.
Faisons le bilan « emploi » de l’agriculture.
Beaucoup semblent admettre que c’est un domaine où la productivité a fait des bonds énormes, mais, on compte juste la production des produits. Rajoutons-y toutes les personnes qui participent à
la fabrication des machines, des produits, le transport, les emballages… certains économistes parlent même de l’externalisation de la production.
Et on pourrait aller assez loin dans ces calculs : le soja par exemple produit au Brésil et qui sert à engraisser les animaux
en Europe.
L’agriculture actuelle pollue.
Il n’y a qu’à voir la qualité de l’eau en Bretagne. Mais de plus elle ne participe pas à la dépollution, le principe du « pollueur-payeur » n’est pas appliqué, c’est le consommateur
final qui paie. Dans le même temps l’industrie en France a plus progressé dans la limitation de la pollution.
L’agriculture peut-elle participer aux énergies renouvelables ?
On a pu le croire avec les biocarburants, ou
plutôt les agrocarburants.
Hélas, la direction prise par Chirac est la mauvaise : le rapport énergétique de la fabrication d’éthanol, à partir de maïs,
colza ou betterave, est négatif ! De plus il entraîne une production concentrée, actuellement Dunkerque et Pau par exemple, donc il va rajouter des camions sur les routes car il a été choisi
une distribution sur tout le territoire. Compte tenu de la faible demande, c’est aberrant écologiquement et économiquement.
Car ce projet Chirac-Breton ne change rien aux pratiques agricoles : l’agriculture est le principal utilisateur et gaspilleur
d’eau, aux périodes où il en manque, en été pardi !!
L’eau et le transport sont, sans aucun doute possible, les enjeux majeurs des prochains jours.
Alors quand la FDSEA de l’Ariège se réjouit des dernières pluies, entendant par là que l’on pourra irriguer à loisir, quand elle
demande aussi que les contrôles sur « l’éco-conditionnalité » soient assouplis, je m’inquiète !
Quand le candidat UMP aux législatives demande le contournement de Toulouse (par autoroute) à travers notre région, je m’inquiète.
Car il n’y aura de véritable changement que par le gel des constructions d’autoroutes.
Gel aussi du développement du transport aérien….ou alors,ou alors, cette proposition, ce serait pour mieux desservir un éventuel
aéroport de Saverdun ?
Tiens sur l’eau aussi ; on ne met pas assez en avant que le nucléaire impose un débit des fleuves (débit de l’eau débit de
lait ?) important pour le refroidissement des centrales….et ici vu le niveau des eaux en été…ça promet.
Juppé ne semble rien vouloir changer au nucléaire en France, ni débat public et démocratique ? ni égalité de ressources avec
le nucléaire, pour la recherche sur les énergies renouvelables ?
Il en est de même pour les OGM, ni moratoire, ni débat public et démocratique…
Je vous disais hier, je ne la sens pas !!!
Et, dans la campagne des législatives, personne ne pose ces problèmes de fond, poutant l'Ariège pourrait être au premier plan.