la libre parole d'un citoyen écologiste habitant Saverdun en Basse-Ariège
Saverdun.
« On se serait cru en Afghanistan ! » racontent encore traumatisées, les
deux femmes qui étaient sur les lieux, ce week-end. Il était environ 13 heures, la famille avait terminé de déjeuner et les deux fils âgés de 14 et 16 ans sortaient de la maison pour aller faire
du vélo.
« Trois minutes après, une dizaine de détonations ont claqué, dans un
vacarme épouvantable. Au début, nous n'avons pas compris ce qu'il se passait. Je suis sorti pour voir, c'était impressionnant, explique Thierry Descoins, le père des
enfants.
Mes parents et ma femme étaient à l'intérieur de la maison. Je suis allé à
l'angle du bâtiment et j'ai vu le sanglier à 200 mètres, qui détalait en diagonale depuis le champ de sorgho en bordure de la RN20 vers le champ de maïs ramassé.
Visiblement blessé, il était poursuivi par trois chasseurs qui dévalaient
le champ situé en contre-haut, armes à la main, tout en continuant à lui tirer dessus.
J'ai eu très peur. Une dizaine d'autres coups de feu ont encore retenti. Mes parents et ma femme sont alors sortis pour appeler les enfants, qui heureusement, n'ont pas été touchés, mais qui ont entendu les balles siffler autour d'eux. Car les premiers tirs ont été dirigés droit sur la maison et nos bâtiments.
Une battue avait lieu depuis le matin, et nous n'avions même pas été
informés. »
Émile Vieudez note que « l'on entendait les tirs de carabine depuis la
route de Saint Amans ». Il est président de la société de chasse du Terrefort, par ailleurs détentrice de la chasse gardée sur les champs concernés.
Il poursuit : « Les chasseurs ont commis plusieurs erreurs. Ils n'auraient jamais dû tirer en direction de la maison, avec des armes qui sont très dangereuses en plaine puisque la portée des balles est de plusieurs
kilomètres. D'autre part, il est interdit de tirer en se déplaçant et troisièmement, ils n'avaient pas le droit de chasse sur ces parcelles. Mais
ce dernier point est le moindre mal, car je pense avant tout la sécurité des personnes.
On aurait été très mal d'avoir des morts pour un sanglier ! »
Plainte a été déposée à la gendarmerie, qui a fait appel aux services de l'ONC, la police de la chasse.
Contacté par téléphone, Roger Mistou, le président de l'ACCA de Saverdun d'où dépendent les chasseurs en cause, n'a pas voulu s'exprimer sur le sujet.
Une plainte qui, contrairement aux réponses données par les instances de la chasse n'est là que pour rappeler le respect des règles de sécurité.
Ais-je besoin de m'exprimer sur ce sujet? La
chasse est soumise à des règles qu'hélas, certains c.... ne respectent pas!