la libre parole d'un citoyen écologiste habitant Saverdun en Basse-Ariège
Jean-Pascal van Ypersele
:
Le contraire me semble plutôt vérifié. La plupart des nouveaux articles
publiés depuis trois ans vont dans le sens inverse et débouchent sur une aggravation du diagnostic.
La saturation des puits végétaux et océanique de gaz carbonique semble se
rapprocher.
En ce cas, une part croissante de nos émissions resterait dans
l'atmosphère au lieu de disparaître dans les océans et les sols ou d'être stocké durant plusieurs décennies par des arbres.
Ce changement du cycle
biogéochimique du gaz carbonique constitue une mauvaise nouvelle.
Si l'on cherche une bonne nouvelle, ce n'est donc pas du côté des sciences du climat qu'il faut se tourner, mais dans le fait que de plus en plus d'acteurs économiques et politiques, de pays, de
citoyens, sont maintenant au courant du problème, conscients que l'on ne peut pas continuer comme cela.
Même si tous n'ont pas compris que des changements radicaux sont nécessaires dans l'économie, la politique énergétique, les transports, l'urbanisme...
En revanche, ce qui n'a que peu évolué, c'est la traduction de cette perception renforcée du problème en actions suffisamment énergiques pour avoir un effet sur la gravité des évolutions
climatiques futures.
Ainsi, en juillet dernier, le G8 a bien dit qu'il faudrait diviser par
deux les émissions mondiales, mais sans préciser par rapport à quelle année, et en citant le chiffre le plus «facile» du rapport du Giec.
Ce dernier affirme que, si l'on veut rester en dessous d'une élévation de
2°C de la température planétaire moyenne, relativement à la situation pré-industrielle, il faut diminuer les émissions de 50... à 85% à l'échelle
mondiale et de plus de 80% dans les pays développés d'ici 2050.
Le G8 est constitué des pays les plus développés, il aurait été
intéressant qu'ils reconnaissent la répartition des réductions nécessaires entre pays développés et pays en développement.
Il s'agit non seulement de décarboniser pratiquement toute l'économie d'ici la fin du siècle mais de le faire 2050 pour les pays aujourd'hui industrialisés qui ont bien plus les moyens de le faire.
L'évolution récente des émissions de gaz à effet de serre se situe toujours au niveau le plus élevé des scénarios du GIEC. Pourquoi ?
Jean-Pascal van Ypersele
:
Il faut poser la question aux responsables politiques. La « vérité » que
les scientifiques ont découverte est réellement dérangeante. Il y a une révolution énergétique à accomplir. Changer beaucoup d'habitudes, des stratégies
économiques, des modes de production et de consommation.
Devant cette perspective très dérangeante, on comprend que la tactique de
la sourde oreille et de la tête dans le sable tente beaucoup de responsables. C'est cela qui s'est passé depuis 15 ans.
Cela commence à changer... la Chine a publié son premier plan d'action sur le climat, c'est un signe positif, que l'on n'aurait probablement pas observé il y a dix ans.
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