la libre parole d'un citoyen écologiste habitant Saverdun en Basse-Ariège

Le courage et la prudence
"Le courage n’est pas une vertu parmi d’autres. C’est la vertu sans
laquelle il ne peut y en avoir aucune autre. Sans courage, la fidélité à ses idéaux se fait vite crispation sur ce qui fut important, voire révolutionnaire, mais qui est devenu un obstacle à
toute invention et enkyste toute réflexion.
Sans courage, la loyauté à son parti ou à son institution s’aplatît en «
politique de la moindre vague », quand ce n’est pas en obéissance aveugle, plus ou moins teintée d’opportunisme carriériste.
Sans courage, la lucidité affichée bascule dans le pessimisme désabusé, la
critique engendre le fatalisme et les plus rationnels finissent toujours par invoquer le destin.
Sans courage, l’exigence ne s’applique guère qu’aux autres et l’on
s’exonère facilement de l’application des principes qu’on impose à ses adversaires.
Sans courage, la solidarité se fait compassion et renonce à agir sur les
causes de l’injustice, s’acharnant simplement à en faire disparaître les symptômes.
Sans courage, l’inventivité s’englue dans les pansements provisoires et
les revendications quantitatives. Sans courage, même les convictions les plus subversives s’enferment dans un conservatisme pieux.
Sans courage, en réalité, nous n’avons aucune chance d’être à la hauteur de ceux dont nous nous revendiquons : Rousseau, Condorcet, Ferry ou Jean Zay, de loin le plus actuel et le plus courageux de tous.
L’absence de courage est donc profondément mortifère pour tous ceux et
toutes celles qui militent pour un monde meilleur et une éducation à la hauteur des défis qui sont les nôtres aujourd’hui.
L’absence de courage des partis de gauche sur les questions éducatives et
scolaires est désespérante pour tous les citoyens. Pire, elle les précipitent dans les bras de ceux qui font passer leurs ambitions aventuristes pour du courage.
Ces derniers apparaissent, en effet, comme les seuls à avoir des « idées
neuves » ; ils peuvent, avec satisfaction et suffisance, stigmatiser le passéisme d’adversaires qui bégaient lamentablement.
Disons le sans langue de bois : ce n’est ni l’intelligence, ni l’inventivité, ni même la cohérence des propositions de la droite en éducation qui font qu’elles accaparent le débat… c’est l’absence, en face, de propositions consistantes et hardies de la gauche !"
Il est des lectures, même partielles, qui
nous rendent plus intelligents.